• Geneviève Lepage, Ph.D.

Le deuil périnatal: on n'oublie jamais...

On dit que ma grand-mère paternelle a eu neuf enfants, mais elle, m'avait dit qu'elle a aussi eu deux fausses couches et une mortinaissance. Récemment, ma voisine a perdu ses jumelles à six mois de grossesse. Ma sœur, des amies et moi aussi avons vécu la perte d'un enfant en cours développement. Je suis convaincue que toutes connaissent au moins une femme qui dû passer à travers une telle épreuve. Alors que pour mon dernier article de blogue j'écrivais sur le sourire et le bonheur, aujourd'hui nous allons nous rappeler comment la vie est précieuse et fragile.


Si les fausses couches du premier trimestre sont fréquentes (entre 15% et 25%), elles n'en restent pas moins marquantes. Quant à la mortinatalité (entre la 28e semaine de grossesse et la 1e semaine post-naissance), en Amérique du Nord et en Europe, le taux est autour de 5 pour 1000, et au Maroc il est au moins quatre fois plus élevé!


Il existe certes des facteurs de risques, comme le tabagisme / alcoolisme / toxicomanie, l'âge avancé (plus de 35 ans) et l'obésité, ou encore le manque de suivi et de soins médicaux durant la période périnatale. Cependant, dans la majorité des cas, les causes précises du décès demeurent inconnues. Pour une femme généralement en bonne santé, le fait qu'elle travaille, qu'elle fasse un effort/de l'exercice physique modéré ou qu'elle ait des relations sexuelles n'a pas d'effet néfaste (voire même peut être bénéfique) et n'a pas à être mis en cause. Le suggérer à une femme venant de perdre son enfant est non seulement inutile, mais peut être culpabilisant.


Plus la grossesse avance, plus l'investissement et l'attachement envers l'enfant devient important et plus le sentiment de perte peut être grand. Mais même en début de grossesse, les rêves qui s'écoulent peuvent être difficile à vivre, d'autant plus si ce n'est pas la première fois que cela arrive.


Alors, quoi dire ou ne pas dire à quelqu'un vivant un deuil périnatal?

  • Reconnaissez la tristesse immense que cela représente.

  • Ne tentez pas de minimiser ou de relativiser la perte; rien ne pourra remplacer cette perte, rien.

  • Ne donnez pas d'avis sur le comment du pourquoi.

  • N'essayez pas de donner des conseils pour retomber enceinte.

  • Chacun a ses propres mécanismes d'adaptation; il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre un deuil.

  • Il n'y a pas de petits, de gros, de courts ou de long deuils; chacun y va à son rythme.

  • Soyez des bras ouverts et accueillants.

  • Tant la mère que le père a besoin d'une écoute attentive et empathique, maintenant, plus tard, au moment d'une grossesse subséquente.

  • Offrez de l'aide personnelle ou professionnelle à la personne et ses proches.



J'aimerais souligner que si la mère sera la première affectée, le père et les autres enfants ne sont pas à négliger. En effet, l'image du père protecteur peut être atteinte et il se peut que pour s'adapter il ne souhaite pas en parler ou ne trouve pas l'espace pour le faire vu l'attention portée sur la mère. Cependant, le refoulement des émotions et le deuil non résolu peut engendrer des problèmes d'attachement avec l'enfant subséquent. Quant à la fratrie, expliquez l'événement dans des mots simples, mais concrets. Ne cachez ni la vérité, ni votre tristesse. Laissez-leur poser des questions et exprimer leur sentiments.


Pour conclure, voici un lien vidéo fait par une équipe universitaire québécoise sur le deuil périnatal chez les pères. Aujourd'hui, comme à chaque 15 octobre, c'est la journée de sensibilisation au deuil périnatal, merci de transmettre cet article afin de se préparer ou de se conforter.

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